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La stratégie d’Ender

CouvertureLa Stratégie d’Ender

Andrew Wiggin, dit Ender, n’est pas un garçon comme les autres. Depuis sa naissance, ses faits et gestes sont observés par l’intermédiaire d’un moniteur greffé dans son cerveau. Car ceux qui l’ont conçu ambitionnent de faire de lui rien de moins que le plus grand général de tous les temps, le seul capable de sauver ses semblables de l’invasion des doryphores. Et alors qu’Ender suit pas à pas le dur chemin de son apprentissage de guerrier, ses créateurs mesurent la gravité de leur choix : en donnant naissance à un monstre, n’ont-ils pas damné l’humanité elle-même ?

Dans une partie d’échec, il est dit que « La tactique consiste à savoir ce qu’il faut faire quand il y a quelque chose à faire et que la stratégie consiste à savoir ce qu’il faut faire quand il n’y a rien à faire ». Ce roman est ni plus ni moins la démonstration de cette maxime avec la mise en oeuvre d’une manipulation misant sur l’aveuglement volontaire de la seule personne pouvant y mettre fin. Car si les êtres souhaitent souvent la même chose, c’est plus souvent pour des buts différents et plus souvent encore avec des moyens différents qu’ils y parviennent. Alors imaginez un homme incapable de mettre fin à un conflit mais ayant trouvé un enfant dont l’esprit en est, lui, capable. Un enfant dont l’empathie et donc la capacité à aimer peut lui faire comprendre ce qu’aucune autre personne peut, un mode de pensée inconnu à l’Humanité. Imaginez comment guider cet amour vers la destruction d’une race entière, comment former cette intelligence sans détruire sa liberté et son ouverture unique. Imaginez, ensuite, qu’en faire… Car vous auriez forgé bien pire que ce que votre ennemi était. Vous auriez créé un être capable de comprendre l’incompréhensible, capable de détruire avec amour.

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« Ender : Au moment où je comprends véritablement mon ennemi, où je le comprend assez pour le vaincre, alors, à ce moment même, je l’aime également. […] Et à ce moment-là, quand je l’aime…
Valentine : Tu le bats.
Ender : Non, tu ne comprends pas. Je le détruis. Je le mets dans l’incapacité totale de me nuire à nouveau. Je l’écrase impitoyablement, jusqu’à ce qu’il ait cessé d’exister. »

« Les individus sont des outils, que les autres utilisent afin que nous survivions tous. »

« Tout le monde croit qu’Hitler est arrivé au pouvoir à cause de ses armées parce qu’elles étaient prêtes à tuer, et c’est partiellement vrai parce que, dans le monde réel, le pouvoir repose toujours sur la menace de la mort et du déshonneur. Mais il est principalement arrivé au pouvoir à cause des mots, les mots qu’il fallait, au moment où il fallait. »

« C’est de cela dont j’ai vraiment peur. D’être véritablement un monstre. Je n’ai pas envie d’être un tueur, mais je ne peux pas m’en empêcher. »

« (Cité par Ender en pensées) Le pouvoir de faire le mal est le seul pouvoir qui compte, le pouvoir de tuer et de détruire, parce que, si on ne peut pas tuer, on est toujours soumis à ceux qui peuvent, et qu’on ne peut être sauvé par rien ni personne. »

« Les autres armées ne sont pas l’ennemi. Ce sont les profs qui sont les ennemis. Ils nous obligent à nous combattre, à nous haïr. Le jeu est tout. Gagner, gagner, gagner. Cela ne rime à rien. Nous nous tuons, nous faisons n’importe quoi pour vaincre et, pendant ce temps, tous ces vieux salauds nous espionnent, nous étudient, trouvent nos points faibles, décident si nous sommes ou non assez forts.

« (À Ender) Il n’y a pas d’autre professeur que l’ennemi. Seul l’ennemi peut te dire ce que fera l’ennemi. Seul l’ennemi peut t’enseigner à détruire et conquérir. Seul l’ennemi peut te montrer tes faiblesses. Seul l’ennemi peut t’indiquer ses points forts. […] Désormais, je serai ton ennemi. Désormais, je serai ton professeur. »

« L’Humanité ne nous demande pas d’être heureux, elle nous demande simplement d’être intelligent afin de pouvoir la servir. D’abord la survie, puis le bonheur si nous y parvenons. »

« (En chantonnant) Se coucher tôt, se lever tôt, rend l’homme stupide et aveugle. »

« Valentine : Bienvenue au sein de l’espèce humaine. Personne ne contrôle son existence, Ender. Au mieux, tu peux choisir d’être contrôlé par des gens biens, des gens qui t’aiment. »

« Pour vaincre un ennemi, j’ai besoin de le comprendre. Et lorsque je le comprends, je l’aime »

I

3 réflexions au sujet de “La stratégie d’Ender”

  1. Bonjour Lyhane ,

    Dans ce grand jeu des fous , le pire est bien d’aimer ,
    à force de volonté , l’autre en dehors des coups ,
    sans rien vouloir du tout , l’esprit vient à gagner ,
    hors d’une éternité , la paix au rendez vous.
    ~
    NéO~
    ~
    Becs à la fin

  2. Oui… et vraie.

    A mon humble connaissance, c’est effectivement le seul moyen de rendre effective la stratégie d’Ender et la citation source qui a inspiré cette phrase du début du film. Mais pour y survivre, mieux vaut cacher cette capacité sous une apparente indifférence ou loi de la survie basée sur une relation de cause à effet. Peut-être est-ce pour cette raison que l’auteur a appelé la suite de sa série la stratégie des… ombres.

    L’amour est créateur car il ouvre toutes les portes de l’être, que cet être soit soi-même ou l’autre. Utiliser une telle faculté pour détruire cet ennemi implique soit une manipulation astucieuse, soit une conscience complète de ses propres buts. L’ennemi, dès lors, devient un sacrifice, et le sacrificateur ressent la peine qu’il inflige, et l’un comme l’autre, assument le choix du vainqueur.

    La question est: est-il nécessaire de détruire?

    Oui… et non. Car il arrive que deux visions ne puissent coexister.

    Alors, que se passe-t-il si deux êtres ayant cette faculté de comprendre, d’accepter d’aimer et d’utiliser cette alliance pour anéantir l’ennemi… sont face à face avec deux manières d’exister contradictoires? Soit elles se détruisent mutuellement, soit… elles s’allient. Et si elles s’allient, elles ne cesseront jamais de s’aimer, de se comprendre, de se combattre mais refusant de se détruire. Commettre un tel acte est criminel, car la souffrance pour ces êtres est sans fin….

    Simples hypothèses, simples idées. Mais ce pourrait être une histoire, et quelle histoire n’est pas vraie?

    Une autre pensée: comprendre amène à annihiler toute forme de jugement, ce qui est une forme absolue d’amour; mais ensuite, cela n’empêche nullement d’accepter ou de refuser.

    Et si aujourd’hui le monde est si étrange, si… matériel, c’est que nous sommes entre deux étapes: la science et la conscience ont été séparées, et tel qu’il le fut dit il y a plusieurs siècles de cela, cela nous mène à notre propre ruine. Néanmoins, l’alliance se fait entre ces deux aspects vitaux l’un à l’autre pour créer, et non plus fabriquer. Ender paie le prix de sa victoire car sa compréhension n’est pas uniquement cérébrale, elle est…. vitale. Il devient l’ennemi qu’il combat par sa compréhension, il ne le devient pas en fabriquant ou copiant mais en étant. Et ainsi, il s’aime en tant que ce qu’il est devenu, et détruit cela: en tant que tel, il se vainc lui-même, sacrificateur et sacrifice. Par amour de sa vision, il détruit ce qu’il a pourtant dû apprendre à comprendre et même, à aimer. Il détruit avec amour…

    Aucune destruction n’est plus parfaite, aboutie et complète…

    Rares sont les êtres capables d’être à la fois l’ordonnateur, le sacrificateur, le sacrifice: ce serait alors un être conscient. La plupart se contentent de fractionner ces rôles en un donneur d’ordre, un exécutant, une victime et un mystique capable de supporter la part morale et donc justificatrice de l’action.

    Comme le dit Valentine, nous sommes tous manipulés; et avant tout, nous le sommes par nous-mêmes. Nous créons les cages et les limites nécessaires à nous garder de la folie d’une telle responsabilité.

    La mortalité de ces Conscients parmi les hommes serait donc due à leur propre désir de cesser d’exister ainsi, que ce soit par l’exil, la mort ou la reconfiguration de leur modalité d’existence.

    Toute l’histoire d’Ender raconte ceci… Et si nul ne l’avait trompé, s’il n’avait pas anéanti les Doryphores, peut-être les choses auraient-elles été pires, peut-être fallait-il cette leçon pour que l’équilibre soit maintenu. Devenu l’ennemi qui enseigne, par avec amour, puis par amour. Mais quel maître voudrait enseigner ainsi?

    La Vie… et l’une de ces principales capacités, dans son unité, est son fractionnement. Ainsi se garde-t-elle de toute menace tout en étant d’une infinie vulnérabilité.

    Ainsi, qu’est-ce qui est vrai, si tout dépend du point de vue? Qu’est-il permis de faire, quand aucune limite n’existe en dehors de la responsabilité de ses actes?

    De lumière ou d’ombre, la réponse n’est ni vraie ni fausse, ni bonne ni mauvaise. Elle nous place par rapport à… tout.

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